La conjoncture s'améliore mais la prudence reste de mise

L'économie européenne va mieux et la BCE s'apprête à arrêter sa politique de taux très bas. Mais certains placements, malgré le risque, restent plus intéressants que d'autres, comme le crowdlending.

L'économie européenne reprend du poil de la bête. Tous les pays de la zone euro relèvent la tête, plus ou moins rapidement, mais tous vont dans le bon sens après plusieurs années de crise économique.

La Belgique voit ses indicateurs verdir

Selon la Banque nationale de Belgique (BNB), la conjoncture économique Belge s'est clairement améliorée l'an dernier. La croissance du PIB s'est ainsi inscrite en hausse de 1,7% en 2017 par rapport à une augmentation de 1,2% en 2016. Une tendance à la hausse mais en dessous de la zone euro (2,5%) et de ses trois voisins. Malgré cela, la tendance est bonne et les indicateurs économiques sont au vert.

Parallèlement à la croissance économique, le nombre d'emplois créés a été particulièrement dynamique en 2017, avec 60.000 nouveaux postes créés grâce à la réduction du coût du travail et une main d'œuvre toujours disponible malgré un allongement des carrières. Le nombre d'emplois créés est le plus élevé depuis la crise de 2008, alors que sur les 4 dernières années, 180.000 emplois avaient été créés au total. Enfin, le chômage a atteint 7,3% de la population, un taux assez élevé pour le pays mais bien moindre que son voisin français.

Dernier indicateur démontrant la bonne tenue de l'économie belge, la situation budgétaire s'est améliorée. Le déficit budgétaire n'était que de 1% du PIB en 2017 contre 2,5% en 2016. Une bonne nouvelle, liée notamment à la diminution des charges d'intérêt de la dette publique et à la maitrise des dépenses. D'ailleurs, la dette publique s'est redressée fortement pour la première fois depuis quelques années et s'élevait l'an dernier à 102,8% du PIB.

Le paramètre inconnu de la BCE

Au final, tous ces indicateurs nationaux sont au vert. Mais la Belgique fait partie de l'Europe qui elle, va certes mieux économiquement, mais des interrogations subsistent sur la politique monétaire que la Banque Centrale Européenne (BCE), qui pourrait engager ces prochains mois. En effet, en pleine crise financière, la BCE avait mis en place un programme de rachat de dettes des Etats et des entreprises, afin de soutenir la demande des pays.

Or, cette politique de " quantitative easing " n'a plus lieu d'être dans une conjoncture économique qui s'améliore. La fin de cette politique arrangeante avec les Etats et la remontée des taux devraient ainsi guider les prochaines annonces de l'autorité européenne. Or, une telle remontée des taux, même graduelle, sans soutien de la demande pourrait entrainer un ralentissement de la conjoncture. Sans aller jusqu'au retournement conjoncturel, les économies européennes pourraient marquer le pas devant cette nouvelle situation monétaire.

Devant un tel scénario, il est fort à parier que les marchés financiers deviennent nerveux et que la volatilité revienne en force ces prochains mois. Que ce soit du côté des actions ou des obligations, l'investissement pourrait s'avérer mouvementé. Dans un tel contexte, le crowdlending, qui bénéficie par ailleurs de la bonne tenue économique pour les projets qu'elle sélectionne, s'avère être un placement intéressant : d'une part pour le financement de l'économie réelle et d'autre part par sa meilleure visibilité, les rendements étant connus à l'avance, contrairement aux marchés financiers. Un avantage, malgré le risque à prendre, à ne pas négliger.