Le crowdlending, l'un des canaux de financement privilégié pour les EnR

Les énergies renouvelables sont en pleine expansion, le problème de leur financement est toujours d'actualité. Les plateformes de financement restent l'une des solutions.

Les énergies renouvelables ont encore du mal à se développer, et ce, du coût que cela implique. Les moyens de financement traditionnels visant à remplir les objectifs de la politique énergétique sont notamment assurés par des structures institutionnelles publiques comme la Caisse des Dépôts en France, qui apporte 5 milliards d'euros de financement de projets publics. Des institutionnels privés sont aussi impliqués dans le financement des projets. Mais comme les investissements ne sont pas encore rentables, les financeurs privés sont encore réticents. Or, pour soutenir le développement de ces projets d'énergie renouvelables, de nouveaux moyens de financement émergent, comme le financement participatif. Certes, ce mode de financement reste encore sous utilisé et les moyens apportés restent limités. Mais le crowdfunding se développe dans ce domaine.

Les particuliers très concernés par les EnR

Ainsi, selon le dernier baromètre du crowdfunding dans les EnR, réalisé en partenariat avec l'association française, Financement Participatif France, près de 20,5 millions d'euros ont été recueillis auprès des particuliers en 2017. Cette somme, en hausse de 78% par rapport au baromètre 2016, montre que le financement des EnR séduit de plus en plus les particuliers. Au total, 92 opérations ont été financées sur l'année en hausse de 39% par rapport à 2016, le photovoltaïque et l'éolien se partageant l'essentiel des sommes investies, presque exclusivement en dette (prêts, obligations, minibons). Le crowdlending est donc le principal canal de distribution dans le crowdfunding pour financer des biens liés aux énergies renouvelables.

La hausse du financement participatif des EnR est impressionnante et montre l'intérêt grandissant des particuliers à s'accaparer des enjeux de la transition énergétique tout en faisant fructifier leurs investissements. De leur côté, pour les porteurs de projets, le financement participatif a la particularité de générer une publicité importante et d'être un outil d'adhésion pour les projets.

Les énergies renouvelables rassurent

Pour l'année 2018, cette tendance devrait se poursuivre selon Stéphanie Savel, présidente de Financement Participatif France. En effet " les projets proposés sur les plateformes de financement participatif se finalisent rapidement et le contexte européen est très favorable pour la finance verte. Du côté des développeurs aussi l'intérêt pour le crowdfunding n'est maintenant plus à prouver " confirme-t-elle.

Un tel succès auprès des particuliers vient principalement de la sécurité juridique que ces projets d'infrastructures à long terme proposent. En effet, les revenus proposés par ces projets renouvelables assurent en effet un tarif fixe pour la vente de ces productions renouvelables. Par ailleurs, peu enclins au risque, les particuliers, notamment français, préfèrent prêter plutôt que d'investir dans ces projets. C'est pourquoi 9 projets sur 10 sont financés par dette, jugée plus liquide par son horizon raisonnable (5-6 ans).

En effet, les financements sous forme d'apport au capital, très minoritaires, concernent plutôt des start-up portées sur l'innovation. Ce segment particulier du crowdfunding a représenté en 2017 près de 1,1 million d'euros dans des secteurs variés comme le solaire, le stockage de la chaleur ou encore l'hydrogène.