Les Français toujours aussi contradictoires avec les fintechs

Pour la troisième fois, Deloitte a réalisé son baromètre sur les Français et les fintechs. Les résultats diffèrent assez peu des autres années, mais les cryptomonnaies sont arrivées en trombe dans le paysage.

Pour la troisième année consécutive, le cabinet Deloitte a souhaité faire le point sur l'appréhension des Français vis à vis des fintechs. De manière générale, les français continuent à s'ouvrir aux technologies et à leur utilisation dans les services financiers, mais un véritable manque de pédagogie apparait dans cette étude.

La digitalisation toujours plus prégnante

Les Français sont conscients que les smartphones sont amenés à jouer un rôle de plus en plus important dans leur vie (79%) et ils sont de plus en plus nombreux à utiliser systématiquement internet pour leurs recherches d'un produit financier (71%). Pourtant, ils ne sont que 43% à réaliser leurs opérations bancaires en ligne. Même si ce taux augmente d'année en année, il reste tout de même assez faible et d'ailleurs, ils ne sont que 57% à considérer que grâce aux outils numériques, les modes de paiement sont plus sécurisés qu'avant.

Surtout, 60% des français interrogés considèrent ne pas être rassurés quant à la transmission des données personnelles sur Internet. Mais comme le souligne l'étude, cette appréhension est un peu contraire aux pratiques réelles des français, puisqu'ils sont 53% à avouer ne pas pouvoir se passer de leur smartphone.

Quoiqu'il en soit, même si les sondés sont conscients des changements digitaux dans le milieu financier et même s'ils se disent ouverts aux fintechs, l'agence bancaire reste le canal privilégié pour les opérations complexes : placements (56%), demande de crédit (68%), souscription d'assurance (64%), ouverture de compte (73%). Les fintechs et assurtechs sont plutôt vues comme des services complémentaires aux canaux traditionnels pour 33% seulement des sondés.

Un manque de pédagogie important

Un chiffre qui veut tout dire : 78% des français interrogés ne savent pas ce qu'est une fintech et 86% d'entre eux ne connaissent pas le terme assurtech. Ils ne sont que 7% à savoir " à peu près " ce que c'est ! Malgré ces chiffres 12% d'entre eux citent le nom d'une marque en rapport avec les fintechs. Ainsi, 5% parlent des moyens de paiement (Paypal, Leetchi…), 3% connaissent les banques en ligne et néo-banques (Orange Bank, Morning, Hello Bank !...), 3% citent une plateforme de crowdlending ou de crowdfunding (Ulule, KissKissBankBank…), 2% connaissent des applications de gestion de budget (Bankin, Lynxo…) et 2% connaissent l'univers des crytpomonnaies (Bitcoin, blockchain…).

Des chiffres très bas, dans un monde qui évolue rapidement et dont les français sont conscients. En effet, 81% des sondés considèrent que ces offres fintech et assurtech sont très innovantes et 70% pensent que ces services sont des produits d'avenir et vont se généraliser. Malgré cela, seuls 36% font confiance aux solutions apportées par les fintechs et 35% demandent plus de pédagogie. Au total, seuls 15% des sondés considèrent que les fintechs sont utiles…

Arrivée en trombe des cryptomonnaies

L'an dernier, les cryptomonnaies n'apparaissaient pas du tout dans le baromètre. Mais l'envolée et l'emballement médiatique autour du Bitcoin à l'automne a eu raison de cette absence. En effet, les français sont très nombreux à connaitre les cryptomonnaies, puisqu'elles apparaissent à la deuxième place derrière les comparateurs dans le potentiel d'utilisation des français. Mais seuls 7% utilisent les monnaies cryptées, alors qu'ils sont 75% à les connaitre !