Le crowdlending : un outil de financement des PME et un placement utile pour les épargnants

Le prêt participatif apparait comme gagnant / gagnant pour les emprunteurs comme pour les prêteurs. Les entreprises se financent plus facilement que dans une banque auprès des investisseurs privés, qui y trouvent un intérêt financier en plaçant leur épargne dans l’économie réelle.

Toutes les entreprises en croissance ont besoin de financer leur développement. Pour se faire, elles sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers des plateformes collaboratives, leur permettant de lever des fonds plus facilement et plus rapidement que par les canaux classiques. Le prêt aux entreprises, ou encore appelé « crowdlending », fait ainsi partie de ces nouveaux moyens de financement car il permet aux PME d’emprunter des fonds, directement auprès des particuliers.

Les épargnants, la pierre angulaire du crowdlending

Sans particuliers, souhaitant placer leur argent dans des projets de PME qu’ils comprennent, le crowdlending n’existerait pas. Et dans un contexte de taux d’intérêt bas et de rendements financiers faibles sur les classes d’actifs classiques, les épargnants ont tout intérêt à se tourner vers ces nouveaux placements. A condition, bien sur, que les rendements en vaillent la chandelle.

Et force est de constater que, selon les dernières données des plateformes françaises et belges, le taux de rendement qu’elles distribuent ont de quoi séduire. En moyenne, sur l’ensemble du marché français, les taux de rentabilité vont de 4,5% à 9% selon les acteurs. A titre d’exemple, Look&Fin, la seule plateforme active sur ces deux pays, distribue un taux d’intérêt moyen net de défaut de 7,6% depuis sa création en 2012. La plateforme a annoncé également en décembre dernier que 94% de ses prêteurs avaient un taux d’intérêt moyen net de défaut supérieur à 5%.

Cependant, la comparaison des rendements annoncés entre les différentes plateformes est un exercice délicat et à prendre avec des pincettes. En effet, chacune applique une méthodologie qui lui est propre pour calculer sa rentabilité distribuée. Par ailleurs, pour avoir une véritable vision de sa rentabilité, la plateforme doit également tenir compte du taux de défaut de remboursement de son portefeuille. Au final, cette donnée importe autant que le taux de rendement distribué aux épargnants, l’un n’allant pas sans l’autre. Il faut également prendre en compte la maturité de la plateforme, c’est à dire les années d’existence. Car oui, les défauts apparaissent généralement avec le temps. Look&Fin a quant à elle annoncé un taux de défaut de 0,7% à fin décembre 2017 sur cinq années et demi d’activité.

Quoiqu’il en soit, la meilleure façon de limiter la casse et d’avoir un taux de rendement moyen digne de ce nom, est de diversifier son portefeuille. . Une règle de base à respecter dans toute la chaine de gestion de son patrimoine.

Les trois consignes de base qu’aime rappeler Look&Fin à ses prêteurs pour maximiser leurs rendements sont :

• Prêter à minimum 15 dossiers : plus vous répartissez vos prêts sur un nombre important de dossiers plus vous minimisez votre risque.

• Ne prêtez pas plus de 10% de votre portefeuille sur un seul dossier : une exposition trop importante sur un dossier accroît le risque de perte.

• Répartissez vos prêts selon les classes de risques : plus le dossier est risqué plus le taux d’intérêt sera élevé. Soyez toutefois vigilant à panacher le risque de votre portefeuille en fonction de votre profil d’investisseur.

Financer son entreprise simplement

Du coté des emprunteurs, ce qui les importe, c’est que leur projet puisse trouver son financement. Que cela aille d’un besoin en fonds de roulement à l’acquisition d’une machine en passant par le développement de sa force commerciale, le crowdlending permet aux entreprises de trouver rapidement de l’argent frais. Les procédures plus légères que dans le circuit bancaire classique et la rapidité des décisions et de la mise à disposition des fonds (une dizaine de jours pour le crowdlending) séduisent de plus en plus les entrepreneurs.

Les conditions d’éligibilités au crowdlending pour les PME à la recherche de fonds sont également simples et claires et c’est à l’entrepreneur que revient le choix final du taux d’intérêt de son prêt.

En contrepartie de ces process plus légers, les taux d’intérêts appliqués aux prêts sont plus élevés que dans les banques. Pourquoi ? Parce que c’est uniquement le risque de l’entreprise qui est pris en compte. En effet, le crowdlending permet aux entrepreneurs d’emprunter sans avoir à apporter des garanties ou cautions personnelles. Le crowdlending permet également de renouer le dialogue avec sa banque et d’obtenir auprès d’elle des fonds complémentaire.

Enfin, le crowdlending permet aux entreprises de continuer leur développement sans avoir à ouvrir à nouveau leur capital à des investisseurs professionnels.

Pour finir, il ne faut pas oublier non plus les épargnants qui font confiance à une PME en leur prêtant leur argent. Leurs risques méritent aussi une rémunération !
Les PME ont besoin d’eux comme eux ont besoin de faire travailler utilement leur épargne et la rentabiliser. La boucle est ainsi bouclée !